Il y a 2 mois j'assistais à un enterrement.

J'avoue que je ne pensais pas que je reviendrais dans l'église où j'ai baptisé mes aînés pour dire un dernier au revoir à un papa.
Surtout que 10 jours avant, on célébrait les 6 ans de son petit garçon, le meilleur copain de PetitLion.

Je revois encore mon mari discuter avec lui quand on est revenu chercher nos enfants à la fête d'anniversaire.
Un jeune quadra sympathique, très ouvert, super souriant.
Il se chargeait de venir chercher ses 2 fils, dont le dernier n'a pas encore 3 ans et demi, juste avant la fermeture de la garderie du soir de la maternelle.

Sauf un soir où il n'est jamais venu.

Je revois encore la directrice de l'école alors que j'attendais dans le couloir de l'école de voir les enseignantes de mes garçons. J'entends encore ses mots m'avertissant, en tant que référente des représentants de parents d'élèves, du décès d'un papa.
Et puis quand elle précisé le nom, j'ai été stupéfaite. J'ai équarquillé grands les yeux, j'ai ouvert la bouche pour émettre un "non ce n'est pas possible, je lui ai parlé la semaine dernière !".
Une réflexion stupide quand on y repense.

J'ai tenu à assister à l'enterrement (je remercie la nounou pour le dépannage de dernière minute pour les petits et une amie pour m'avoir gardé les grands).
En tant que maman des amis de ses fils.
En tant que femme d'ex motard (d'ailleurs j'ai mis mon veto au rachat d'une moto suite à ce drame).

En tant que mère et épouse, je me devais de témoigner mon soutien à cette mère, cette femme, cette épouse, cette veuve qui enterrait son mari dans une église comble.

Cette maman, je la vois chaque matin devant les grilles de l'école. On se dit bonjour, on se sourit pendant que nos enfants respectifs s'amusent ensemble, PetitChat appréciant beaucoup le benjamin de la fratrie.

Avant que j'apprenne la tragédie, rien sur son attitude ne pouvait me faire penser le drame qu'elle était en train de subir.
Elle continuait à sourire, à dire bonjour.
Un soir après l'enterrement, je l'ai croisé. Son petit dernier faisait une colère pour ne pas partir de la garderie et je la revois encore : sereine, à lui parler doucement, à lui expliquer qu'il fallait rentrer à la maison maintenant.
J'ai de suite penser que moi, à sa place, j'aurai perdu toute contenance et j'aurai crié, pleuré. J'aurai lâché les vannes de mon désespoir. J'aurai craqué. Parce que je suis comme ça, je me noie dans la détresse.

Mais elle, non. 
Je l'ai trouvé courageuse. Tellement forte.

J'ai appris plus tard que son fils aîné lui avait demandé de ne pas pleurer devant eux.
Et ça n'a fait que renforcer mon admiration pour elle.

Ses enfants n'ont pas perdu le sourire. Ils sont toujours polis, joyeux. 
Chaque matin elle continue à amener ses fils à l'école, puis elle va travailler et revient les chercher en prenant le même train que moi.

Et je trouve cela admirable.