Avoir affaire avec le RASED (Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) c'est faire comme un aveu d'échec dans l'éducation de son enfant.

J'ai donc été au rendez-vous, proposé par la psy du secteur, avec la boule au ventre. Et je tremblais littéralement quand elle est arrivée avec près de 10 minutes de retard.

A son bureau, elle a juste posé quelques feuilles blanches devant elle et m'a écouté.
Dès que je me suis mise à parler, elle a dégainé son stylo à encre bleue pour prendre des notes de mes propos.

J'ai donc expliqué que je venais la voir sur demande de la maîtresse de PetitChat.
Je lui ai dessiné le portrait de mon petit garçon, un petit bonhomme de 4 ans et demi en moyenne section de maternelle, des otites à répétition entre 1 et 3 ans, un retard de langage, une pause de yoyos en 2014, un suivi orthophonique depuis 18 mois.
Et un comportement brutal : il mord, tape, pousse et griffe quand on le serre de trop près ou quand il est mal luné.

Et si pendant les ateliers de travail, la maîtresse n'a rien à lui reprocher, le reste du temps de la vie en collectivité est un véritable problème.

Pendant 1h, j'ai beaucoup parlé et la psy a beaucoup écouté. Elle a posé de temps à autres quelques questions, comme comment se déroulait la vie à la maison.
Je lui ai expliqué que s'il était adorable avec ses petits frères, c'était toujours la foire d'empoigne avec son jumeau. Qu'ils ne pouvaient pas jouer calmement tous les deux, que ça terminait toujours en pugilat.

Elle m'a aussi demandé comment ça se passait avec nous, ses parents. Et elle a dû voir qu'elle touchait un point sensible. Parce que ma relation avec PetitChat est vraiment compliquée. Je l'aime, il n'y a aucun doute là-dessus, mais bon sang que c'est dur d'être continuellement rejettée quand on est en famille. Alors que tout se passe si bien quand on est que tous les deux.

Elle m'a parlé d'Oedipe et tout le toutim.
Que quant on est tous ensemble, sa manière de se distinguer au milieu des 5 hommes qui m'entourent, c'est de me rejetter.
Et il fait la même chose en classe.

Elle m'a alors donné quelques pistes en test.
Déjà, intervertir les rôles le soir. C'est moi qui lit l'histoire (et non plus le papa) et c'est le papa qui débarasse la table et range la vaisselle sale.
Ne plus lui donner l'occasion de rediscuter mes ordres. Et tant pis si ça me fait mal au coeur qu'il me crie "méchante maman" avec des éclairs dans les yeux.
Ne jamais oublier que je suis l'adulte et lui l'enfant. Ne pas céder.

Vendredi, la psy va venir à l'école de mon fils.
Pour voir mon fils en classe et pour voir un autre enfant en difficulté scolaire.

Ensuite elle avisera quant à la réalisation d'un bilan pour voir son développement émotionnel et intellectuel (au sens capacité d'attention).