En apprenant que j'attendais encore des jumeaux, nous étions contents.
Pas surpris car on connaissait les "risques". Les probabilités nous donnaient gagnants à 60%. 
Pour une fois que c'était pour et pas contre nous, on n'allait pas se plaindre.

Et j'étais heureuse car contrairement à la première grossesse gémellaire, tout se passait bien.
Car autant j'ai été arrêtée dès la 5ème semaine pour mes aînes, autant pour cette dernière grossesse (oui, je suis réaliste ET raisonnable), j'ai tenu 4 mois (folie !!!).
Et encore, je revois la tête de ma gynéco, alors que j'avais les jambes écartées et qu'elle me faisait un toucher vaginal, me disant "de toute manière vous ne travaillez pas, n'est-ce pas ?" et moi lui répondant "bien sûr que si, j'ai 1h de transport pour y aller".
Je crois que ses yeux sont sortis des orbites quand elle a dit "ça, ça va pas être possible". Ah...
Apparemment j'avais le col raccourci et que si je ne voulais pas être en MAP, fallait que je reste tranquille chez moi.
Bah voyons...

Donc j'ai dû annoncer à ma chef, qui partait en croisière sur la Méditerrannée ce 15 septembre, que l'événement sur lequel je devais travailler les 15 jours suivants je le ferai de chez moi, en attendant ma remplacante qui devait arriver à la fin du mois.
Oui parce que je n'ai pas été chien, ma chef savait que j'étais encore enceinte de jumeaux.

J'ai donc travaillé à distance chaque jour pendant que mes enfants étaient à l'école et j'ai laissé la main début octobre.

Il s'est alors posé la question si j'allais reprendre mon activité professionnelle.
Parce qu'à travailler à 1h de la maison, en étant tributaire d'une ligne SNCF, c'était risqué.
Le papa a beau travailler à 10min, gérer 4 enfants dont des bébés, après une journée de boulot, c'est le burn-out assuré !
Et même pour moi, maman, ne pouvoir rentrer du travail pour préparer la bouffe qu'à 19h30 et ne voir mes enfants que 45 min par jour, non, ce n'est pas ma conception de la vie de famille.

On a pesé le pour, le contre.
On a fait des comptes, des simulations.

Notre cas est comme des milliers d'autres. On gagne trop (je m'étouffe de rire et je reviens) pour avoir un maximum d'aides mais pas assez pour que je reste à la maison pour éléver mes petits derniers.
J'ai commencé à chercher un travail à proximité de la maison. Mais j'avoue qu'être payé le SMIC pour un temps plein, ça me déplait.
Et puis autant le dire, je crois que la mention "4 enfants" sur mon CV rend les recruteurs nerveux et mon dossier doit être directement mis à la poubelle.

Donc on a refait des calculs, on a refait des simulations.
Et j'ai réduit mon temps de travail. J'étais à 80%, me voilà à 70%.
Ainsi, quand le papa gère les petits qu'il dépose chez la nounou qui habite sur le chemin de son travail, moi je m'occupe des grands que j'amène à l'école avant de courir pour sauter dans le RER qui m'amène à mon bureau.
J'ai négocié avec ma direction pour ne prendre qu'une pause minimale pour déjeuner afin de pouvoir partir de manière à récupérer mes grands au périscolaire à 18h00.

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J'ai repris hier matin le chemin des bureaux après 11 mois et 3 semaines d'inactivité (professionnelle).

Je vais toujours être tributaire de la ligne SNCF, je vais devoir m'organiser au mieux pour ne jamais louper le train de 8h30 qui m'amène au travail, ni celui de 17h05 qui me permet de pouvoir récuperer mes enfants à une heure raisonnable à l'école.

Je vais croiser les doigts pour qu'il y ait le minimum de perturbations pour que le sable n'enraille pas notre organisation millimétrée.

On va tester cette solution sur une année scolaire, voir si financièrement on s'en sort sans devoir priver les enfants de quoique ce soit.
Voir si je tiens le coup à mener de front mon boulot où il y a eu 1001 changements depuis mon absence et ma vie de famille pour que tout le monde trouve sa place dans ce schéma organisationel.

Ne pas léser les enfants qui n'ont rien demandé.
Assumer notre choix d'avoir eu 4 enfants.