27 novembre 2011
Un mois !
Le temps passe vite.
Trop vite.
Nos Tiboudoux ont eu un mois cette nuit.
Bon, je ne me suis pas levée exprès à 2h20 pour leur souhaiter, je me suis contentée de donner un bib à Joffrey à 3h05 du matin et de lui chuchoter au creux de l'oreille pendant qu'il dégustait son Guigoz Transit.
Que de changement en un mois.
Pour eux et pour nous !
Quand je regarde les photos prises durant mon séjour à la maternité leur évolution physique est flagrante.

Je vous laisse deviner qui est qui :)
Quand je vois notre appart, il est indéniable que notre vie est définitivement modifiée, bouleversée.
Mes deux petites citrouilles remplissent de joie nos journées, même si c'est pas tous les jours faciles entre les coliques de l'un, les RGO de l'autre, les angoisses nocturnes, les pleurs inexpliqués...
C'est encore un peu (beaucoup ?) le chaos côté organisation, O' ayant repris le boulot, faut tout revoir de ce côté là.
Les nuits sont toutefois cadrées : je me lève pour le premier qui pleure puis c'est O'.
On va pas (trop) de plaindre, le dernier repas de la "journée" est entre 22h30 et 23h30 puis le premier repas de la nuit est vers 3-4h puis c'est à 7h30-8h.
Avec de la chance, d'ici 15 jours-3 semaines, on pourra avoir des nuits de 6h d'affilée. Folie !
22 novembre 2011
À la campagne !
Parce que vivre à 4 dans 45m² ça va 5min (en l'occurrence on a tenu 15 jours), surtout quand on dort à 4 dans LA chambre de 11m² et qu'il y a un chat dans l'histoire ...
Mais bon ledit chat nous a surpris, il n'a pas insisté pour rentrer dans la chambre et venir dormir sur la couette comme à son habitude. Il préfère largement la tranquillité du séjour où il peut dormir sans être dérangé par des Gremlins vagissants à pas d'heure. En plus il a le canapé pour lui tout seul !
C'est fuyant l'appartement, devenu exiguë et digne d'un camp de manouches avec tout le linge qui sèche (difficilement) dans le séjour et/ou la salle de bains, que nous avons pris la route pour la campagne.
On a réussi tant bien que mal à caser la poussette, le sac à langer, le sac des bébés, notre valise, un sac de linge sale (ma mère s'est revue quand j'étais étudiante et que je rentrais le vendredi avec moults vêtements à laver et sécher), le sac du chat, son bac à litière... Dans le coffre de la voiture.
Pour une "première fois" on s'en est pas mal tiré même si on n'a pas pu mettre le transat.
Mais on n'avait pas prévu d'exploser le pneu arrière gauche au km 80 de l'autoroute A10...
La voiture est limite devenue incontrôlable et je bénis encore le calme de O' pour maîtriser la situation et nous stationner sur la bande d'arrêt d'urgence.
Car moi je flippais sévère car pas de rambarde pour se réfugier derrière et des camions passant souvent très près d'un O' qui, après avoir vidé intégralement le coffre pour en sortir la galette (encore une chance qu'il ait insisté pour en avoir une au lieu d'avoir une bombe anti crevaison qui ne nous aurait servi à rien vu l'état du pneu.
Les bébés s'agitaient alors que la voiture ne roulait plus, le chat miaulait comme jamais...
Comment rester zen quand on sait que la durée de vie sur une BAU est de 20min ?
On a réussi à rejoindre un garage Peugeot (vive les smartphones !) pour changer le train arrière et on a squatté avec homme, enfants et chat, le hall froid du garage.
Une chance aussi qu'on avait une brique de lait liquide car je me voyais pas dégrafer mon corsage devant les gars de l'atelier...
C'est pour le dîner qu'on est arrivé à destination avec des bébés endormis et un chat affamé mais heureux de retrouver un lieu connu.
Et c'est avec bonheur qu'on s'est installé pour quelques jours dans DEUX chambres.
On a même profité du beau temps pour sortir les petits en poussette dans le village de mes parents.
Ça fait du bien aussi de laisser pleurer les petits sans crainte de réveiller tous les voisins avec leurs hurlements affamés ou capricieux.
Mais il faut rentrer maintenant et assumer pleinement mon rôle de maman et rester seule avec les petits toute la journée puisque O' a repris le travail.
C'est pas gagné avec un Jérémy qui hurle parce qu'il ne veut pas dormir et quand il dort, c'est pour re-hurler toutes les 10min, contrarié d'avoir cédé au sommeil et qui réclame à manger toutes les 2h en journée parce que Môssieur ne termine pas ses biberons. 
Surtout que Joffrey demande pas mal d'attention avec ses RGO qui persistent et qu'il faut surveiller continuellement, même 30min après le bib et malgré un rototo (il suffit de le coucher et le trop plein déborde par la bouche...)
Oui oui comme ça on leur donnerait le bon Dieu sans confession, mais moi j'appelle ce moment "le calme avant la tempête".
06 novembre 2011
Séjour à la maternité
Y a des séjours à l'hosto qui se passe bien (ou pas dans mon cas), comme celui que j'ai eu début juillet.
Avec torrents de larmes chaque jour et examens angoissants pour savoir si les Tiboudoux allaient bien.
Et il y a le séjour à la maternité, celui qui concrétise 9mois d'attente.
Dans mon cas, le premier jour fut donc un très long jour... mais le plus beau finalement puisque je suis enfin devenue maman !
Je me suis d'un coup d'un seul retrouvée dans une chambre individuelle (vive les césariennes et les jumeaux cumulés !) avec un bébé dans chaque berceau, abandonnée par un homme qui est rentré à la maison dormir un peu (parce que lui aussi a vécu cet accouchement comme un truc de dingue et stressant) et rassurer le chat (assez perturbé depuis quelques jours, il faut bien l'avouer)
Je comatais depuis à peu près 1h quand j'ai entendu un des bébés tousser.
J'ai allumé la lumière de lit pour voir un Joffrey rouge et des bulles sortir de sa bouche.
Y a pas pire comme réveil pour une jeune maman qui ne sait pas ce qu'il se passe.
J'ai pressé avec frénésie le bouton d'appel et une dame m'a demandé, via un micro.
"Joffrey s'étouffe", c'est tout ce que j'ai pu lui dire avant de regarder mon petit bout d'un air impuissant (et en plus je n'arrivais pas à accéder à son berceau à cause de cette opération chirurgicale récente).
La SF est venue dans la minute et a pris mon petit mec dans ses bras pour me le rapporter 30min après.
C'était des glaires, très courant pour les accouchements par césarienne (par voie basse, le bébé les expulse de lui-même m'a-t-on expliqué).
Il a du mal à les évacuer mais ca passera dans 24h m'a-t-on rassuré...
On m'a pris les deux petits le temps de leur faire les soins (change, pesée, ...) et on m'a néanmoins de faire du peau à peau avec les deux dans le lit car la température de Jérémy était trop basse (36,4°).
On est resté serré tous les trois toute la matinée, à comater.
La première journée s'écoule donc tranquillement, avec un papa presque frais et dispo revenu pour les heures des visites, avec des biberons, la mise au sein, les soins pour les petits, les soins pour moi qui suit encore sous perf et sous analgésiques oraux.
Puis vint la nuit de vendredi à samedi.
On m'a levé l'après-midi même pour que je puisse me laver assise dans la salle de bains.
J'ai un avant-goût de ce qu'est être impotante, ça ne me plait pas du tout...
Ca tire de partout, je marche à moitié courbée par la douleur.
A minuit, les SF de nuit/week-end viennent chercher les 2 berceaux, voyant que je suis à la ramasse totale et surtout qu'avec la césarienne, je ne peux toujours pas me lever seule de mon lit pour m'en occuper totalement.
A 0h54 précises, une SF entre dans la chambre pour me prévenir que petit Joffrey a fait une cyanose de la bouche, due aux fameux glaires et que la pédiatre de garde s'occupe de lui.
Un quart d'heure après, elle revient pour me signaler qu'il a été transféré dans l'unité Kangourou, mis sous scope pour vérifier son rythme cardiaque et sa respiration.
Je suis à demie assise dans le lit et je pleure.
Y a rien de pire que de se sentir une maman impuissante.
A 1h30, la SF vient me chercher pour m'amener en unité de soins et voir mon petit. Elle m'a vu désoeuvrée et comprend que j'ai besoin de le voir de mes propres yeux pour m'assurer personnellement qu'il va "bien".
Quand je l'ai vu avec ses capteurs, j'ai craqué et les "tatas" de l''unité kangourou m'ont expliqué que c'était une précaution nécessaire.
Elles m'ont donné de quoi lui faire un biberon et je l'ai eu dans les bras jusque 3h du matin à le regarder dormir, respirer, à scruter l'écran indiquant son rythme cardiaque, ...
Deuxième nuit blanche, bonjour !

Et si je comptais me rattraper sur les repas pour prendre des forces, c'était loupé !
Avec la césarienne, je n'avais droit qu'à du bouillon de légumes et un yaourt en déjeuner/dîner et des biscottes natures le matin.
Et dire que j'arrêtais pas de dire que mon premier repas serait un éclair au chocolat !
Joffrey venait nous rejoindre dans ma chambre en journée et on a même pu lui donner son premier bain le dimanche matin.
Jérémy, quant à lui, retournait en nurserie de nuit le soir car avec toutes ces émotions, je ne pouvais pas me reposer. Les SF voyaient très bien mon état de fatigue et le babyblues s'y ajoutant...
En plus il fallait assurer pour les différentes visites familiales :
- samedi, le parrain du papa, les nouveaux grands-parents paternels
- dimanche, l'arrière-grand-mère et de nouveau les grands parents paternels
- lundi, l'autre arrière grand-mère et les grands-parents paternels, sans oublier la photographe de l'hôpital qui les a pris sous tous les angles en les faisant poser sur le lit (je m'attend à un prix exhorbitant pour la moindre photo quand on recevra le mail de validation dans un mois !)
Lundi soir, on a eu droit à une visite de la psychologue de l'hôpital pour que je parle de mon accouchement.
J'ai vidé mon sac en expliquant que ma priorité c'était mes bébés qui se portaient bien. Joffrey était sorti officiellement de l'U.K. l'après-midi même.
Pour fêter ça, j'ai dormi toute la nuit avec les deux, à les gérer (soins et biberons)
Me lever devenait de plus en plus facile, on m'avait ôté la perf l'avant-veille et le pansement de la cicatrice aussi.
J'avais juste énormément de mal à dormir autrement que sur le dos.
Ce fut épique car ils étaient décalés de 60 à 90 minutes, mais j'ai assuré pour mes deux petits bouts.
En tout cas c'est l'impression que j'ai eu. Et rien ne vaut l'auto-satisfaction quelques fois.
Surtout que dans la journée on m'avait confirmé notre sortie à tous les trois pour le lendemain.
Mardi matin, grand jour !
J'ai appelé ma mère pour la prévenir et s'en est suivie une engueulade avec ma soeur qui me reproche d'être greffée au téléphone avec notre mère et a littéralement déversé son fiel sur moi sur des propos récurrents (je suis la fille préférée, elle n'a plus de famille, personne ne l'aime...)
Rien de tel pour une fille émotive de base comme moi (et en pleine chute d'hormones) pour se mettre à pleurer comme un bébé devant la SF venue m'ôter les agrafes de la césarienne.
Pour me calmer, j'ai été donner le bain à Joffrey et la SF a pris le temps de discuter avec moi et d'être diplomate par rapport à l'attitude de ma soeur.
A 14h, nous étions tous les 4 en voiture, aidés par les grands-parents paternels et rejoignions nos pénates.
Nous étions enfin en famille et ce mot est devenu le pus beau de mon vocabulaire depuis...
02 novembre 2011
Le plus long (et beau) jour de ma vie
Après moults rebondissements :
- consultation de lundi où on me dit que mon col est à 3 cm et où, vu mon état psychologique (peur des gros bébés, pensées morbides de ce fait...) la sage femme fait qyuelques manipulations (douloureuses) pour m'aider à avoir des contractions et faciliter le futur travail
- consultation de mardi (non prévue) où une sage femme m'a appelé à 14h suite à la consultation de la veille (l'autre sage femme lui ayant parlé de moi et communiqué mon dossier) pour me dire de venir à une nouvelle consultation afin de parler déclenchement. J'ai ainsi été ausculté un nombre incalculable de fois pour m'entendre dire que mon col n'avait bizarrement pas évolué malgré les manipulations effectuées la veille. On m'a fait une écho où on a pu voir que J2 était tête en bas (yes !) puis monito où aucune contraction n'ont été détecté (mais pourquoi tant de haine ?) et enfin examens effectués par le chef du service (carrément) qui n'est pas tip top favorable au déclenchement mais vu mon dossier, il nous dit d'appeler demain la salle de travail pour voir les disponibilités
- appel à la salle de travail dès 10h pour s'entendre dire "venez dès que vous pouvez, on a de la place"
O' est donc revenu du boulot dans l'heure et à 11h30, on était pris en charge par une sf.
Là première erreur de ma part, j'avais rien bu, rien mangé depuis 8h du mat (3 biscottes, 1 bol de chicorée et 1 verre de lait... merci le régime "diabète gestationnel").
La sf m'a fait une perf pour commencer le protocole du déclenchement.
Les contractions ont doucement commencé (il en faut 3 à 5 par 10 minutes pour que le travail soit déclaré enclenché) et on m'a installé la péridurale à 14h30. L'anesthésiste (pas celui qu'on avait rencontré, helàs) m'a engueulé car je lui faisais perdre son temps à pas réussir à faire le dos rond. Je me suis mise à pleurer comme une gamine... heureusement la sf m'a guidé et tout à bien été.
Mon col s'ouvrait d'un cm par heure (4cm à 16h, 5 à 17h...) ça allait très bien, monito ok... On m'a néanmoins ajouté à ma perf un produit pour ramollir (?) le col car j'avais encore une épaisseur.
Pis arrivée à 9cm (vers 21h30) ça n'a plus bougé. Je crevais de soif en plus...
À 0h40 le médecin accoucheur est venu pour m'ausculter et il a constaté que mon col n'était pas encore effacé entièrement. Néanmoins, J1 appuyait mais se positionnait par le front et non le haut du crâne.
S'en est suivi des demies heures de contorsions où on m'a fait me mettre dans différentes positions pour aider J1 à sa sortie : position asymétrique, à 4 pattes sur un ballon le ventre dans le vide, ...
À 1h30 je pleurais de douleur car la péri faisait de moins en moins effet et j'avais une énorme pression au niveau du coccis.
Le médecin m'a encore ausculté et s'est rendu compte que J1 se positionnait de plus en plus mal mais était presque engagé dans le bassin.
On a tenté quelques poussées pour le remettre dans l'axe mais rien n'y a fait.
Le médecin a alors dit qu'on arrêtait les frais et qu'on allait me faire une césarienne car J1 n'allait pu bien.
Il s'est éclipsé le temps d'enfiler une tenue stérile et tout a été très vite.
Trop vite...
J'ai juste eu le temps de demander si le papa pouvait venir me soutenir durant la césarienne, il m'a été répondu que non.
On m'a transféré du lit à un charriot et j'ai vu défiler le plafond et Olivier s'éloigner de mon champ de vision.
L'angoisse m'a saisie, la peur et l'inquiètude aussi.
***Âmes sensibles, s'abstenir de lire la suite***
C'est au bloc opératoire que j'ai retrouvé ma copine l'anesthésiste (vive les gardes de 24h...)
L'interne a mis la musique de son téléphone et j'ai failli lui dire "pitié, arrêtez cette musique de merde"
On m'a remis de la péridurale et un autre ansthésiant (on m'a demandé ma taille pour le doser)
Néanmoins, j'ai senti tous les appuis faits sur mon ventre malgré l'anesthésie.
Terrorisée (c'est bien le mot !), j'ai demandé, si c'était normal (je pensais que je ne sentirai rien du tout) et elle m'a à nouveau disputé car je m'inquiétais pour rien (désolée c'est ma 1ère césarienne, alors oui je débarque...)
J'ai bien senti que les doc ont galéré pour dégager J1 (ils ont même dit que son poids ne facilitait pas la chose) Ils ont vraiment eu du mal à le sortir de là où il était coincé.
Plus je sentais les mouvements de mon ventre, plus j'angoissais pour la vie de mon bébé.
Je pleurais à chaudes larmes (oui je suis une chochotte) quand j'ai entendu son cri...
On m'a présenté Jérémy pour un bisou rapide sur son visage encore blanc du liquide amniotique.
Puis j'ai entendu J2 crier à son tour.
On m'a présenté Joffrey, tout aussi blanchâtre mais tellement beau lui aussi.
Quelques instants plus tard on m'a laissé voir mes deux bébés en même temps puis on les a emmené rejoindre leur papa qui les attendait à côté.
On m'a recousu et quand on a oté le champ opératoire, j'ai eu un choc.
Je n'avais plus de ventre, la peau distendue par la grossesse disparaissait sous ma cage thoracique, faisant comme un grand creux.
J'ai ensuite été transférée sur un nouveau charriot avant de me placer en salle de réveil (plutôt glauque comme salle d'ailleurs, surtout que j'ai pas dormi) et quelques minutes plus tard, j'ai vu O' débarquant avec Joffrey dans ses bras.
Il a fallu attendre des longues minutes avant de voir Jérémy qui a fait son premier pipi et popo avant d'être habillé.
C'est ainsi que nous fûmes enfin tous réunis vers 3h du matin.
A 5h du matin, on m'amenait dans la chambre 313 de l'étage maternité, avec mes bébés dans un berceau chacun, à portée de main.
Pour la petite histoire, j'ai pu ENFIN boire (2 gorgées d'eau), 2h après la césarienne, soit à 4h30...
Faites le calcul de mon assoiffement (depuis la veille 8h)...
Ça c'est l'épisode naissance...
Il me reste à raconter le séjour en maternité !





